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Introduction à la préhistoire en Vallée Vézère

Vallée Vézère en Périgord Noir, la vallée de la Préhistoire

Mondialement connu pour la richesse et la densité de ses sites préhistoriques, le Périgord Noir est l'un des premiers berceaux de la connaissance de l’évolution humaine. Dans la seule vallée de la Vézère, entre Montignac et Les Eyzies, on dénombre plus de 200 sites paléolithiques, dont les fameuses grottes ornées inscrites par au Patrimoine Mondiale de l'UNESCO. 

La préhistoire débute en Dordogne Vézère, il y a 400 000 ans, avec l’arrivée de l'Homo erectus, originaire du continent africain. De lui nous retrouvons les témoignages d’une technologie déjà avancée, comme ses bifaces en silex et l’utilisation du feu, signe d’une adaptation à l’environnement froid des glaciations qui marquent l'Europe.

Neandertal et Cro Magnon

Plus tard, c'est Néandertal, la première espèce d’origine européenne, qui évolue en Dordogne Vézère. Il nous laisse des vestiges abondants de ses outillages et des gibiers qu'il a chassés, jusqu’à sa disparition il y a 30 000 ans. Il est le premier ancêtre humain à enterrer ses morts comme en témoignent les sépultures de La Ferrassie et du Moustier, attestant de préoccupations spirituelles et symboliques.

Mais c’est à notre ancêtre direct, Homo sapiens sapiens ou Cro-Magnon, arrivé en Dordogne Vézère il y a 35 000 ans, que nous devons le remarquable foisonnement de l’expression artistique et symbolique qui se manifeste à travers l'abondance de la parure (perles, dents percées, bracelets), des sculptures et gravures sur os et sur pierre, et par les magnifiques grottes et abris ornés que sont Lascaux, Font de Gaume, Combarelles, Cap Blanc, Castel Merle, Bara-Bahau et tant d’autres. Il est également l'auteur de nombreuses innovations techniques dans le travail de la pierre, de l’os, du bois de renne et de l’ivoire de mammouth qui lui permettent d’inventer de nouveaux outils comme l’aiguille à chas et le propulseur.
Tous ses ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs nomades, vivant de l’exploitation directe de la nature. Rappelons que l’homme n’est agriculteur sédentaire que depuis 10 000 ans et que ce premier mode de vie couvre donc 99% de l’histoire humaine…

Mais pourquoi tant de vestiges préhistoriques en Dordogne Vézère ? On pourrait dire que nos ancêtres étaient attirés par des conditions favorables, offrant les ressources essentielles : gibier, poisson, silex pour la fabrication des outils. Mais ces conditions, n’existaient-elles pas ailleurs ?

L’abondance de vestiges en Périgord peut s’expliquer aussi par d'autres facteurs. Tout d'abord, par la conservation exceptionnelle des vestiges dans les grottes et les abris-sous-roche où la roche calcaire les a protégés des éléments de destruction naturels ou humains.

Enfin, le grand nombre de sites connus en Dordogne est aussi le fruit d’une longue histoire de recherches et de protection. Depuis plus d’un siècle et demi, fouilles et études ont alimenté nos connaissances de façon presque ininterrompue ; c’est ici que les premiers préhistoriens ont établi une chronologie qui est considérée encore aujourd’hui comme une référence mondiale. La Micoque, le Moustier, la Madeleine sont les sites, connus dans le monde entier, qui ont donné leur nom aux grandes cultures de la préhistoire.

Et cette recherche continue… Aujourd’hui, le Périgord Noir, notamment avec le site du Regourdou joue encore un rôle clé sur les grandes questions que nous pose l'histoire de l'humanité comme la disparition de Neandertal, sa relation avec notre ancêtre, Homo sapiens sapiens, l’apparition de l’art, et tant d’autres.

Avec de nombreux sites ouverts au public, avec le Musée National de Préhistoire, avec les conférences et les activités pédagogiques proposées, amateurs et touristes sont invités à participer à cette grande quête des origines humaines.

Abri Pataud©Chiotti
Abri Pataud©Chiotti