Notre itinéraire sur la résistance

Avant de vous proposer une lecture détaillée de notre page sur la résistance en vallée Vézère durant la seconde guerre mondiale, nous vous proposons un itinéraire dédié à la résistance, qui peut être fait de découvertes, d’initiation ou de mémoire. 

Nous vous proposons la visite de 3 lieux particuliers, marqués par l’armée Allemande, synonymes aussi de résistance et de détermination. Ce trajet de mémoire peut se faire en voiture, mais aussi à vélo à travers 17km de  jolies routes de campagne. 

Rouffignac Saint-Cernin

©A.Borderie

Rouffignac, village traumatisé et partiellement détruit.

Un lieu de mémoire retraçant l’un des épisodes les plus marquants de la seconde guerre mondiale.

Pourquoi le village de Rouffignac présente une architecture si peu périgourdine ?

« On refait des maisons, on ne refait pas des hommes »

Le 31 mars 1944, le bourg de Rouffignac disparaissait dans l’incendie provoqué par les Nazis, pendant une semaine de répression allemande en Périgord.

 Les différents mouvements de la Résistance étaient bien implantés en Périgord mais les attaques incessantes des maquisards ont mis le feu aux poudres du côté allemand. La division commandée par le Général Brehmer va rester une semaine en Dordogne semant partout la terreur et la désolation. Les soldats allemands quadrillaient méthodiquement toute la campagne à la recherche des maquisards et des juifs et quand ils n’en trouvaient pas, ils s’acharnaient sur la population. 

Le martyre de Rouffignac

Dès 8h30, les Allemands cernent le village, barrent les routes et disposent un peu partout des armes automatiques, deux officiers demandent le lieu de stationnement du maquis mais comme aucune réponse ne leur est faite, l’ordre est alors donné à tous les habitants du pays de se réunir sur la place. Il est impossible de s’échapper car un cordon de soldats ceinture la place. Un officier parlemente avec le Maire :

 «  Que préférez-vous ? Que je fusille les hommes ou que je brûle tout votre village ?

Le Maire répond :

« On refait des maisons, on ne refait pas des hommes »

Tout l’après-midi ce fut un triste déménagement dans un climat d’angoisse. Puis les soldats pillèrent le village, des lance-flammes entrèrent en action et les maisons brûlèrent comme des gerbes de paille. 

La fin du cauchemar ?

 La population de Rouffignac a traversé des heures d’épouvantes ; les pertes humaines ou matérielles ont été extrêmement lourdes mais le 2 avril, nouvelle apparition des Allemands qui cherchaient toujours les « terroristes » et qui incendièrent à nouveau 20 maisons du bas et du haut bourg (dont le Château de la Falquette) : Rouffignac n’existait plus, seule l’église et 3 maisons avaient été épargnées.

Des photos, pages de texte émouvants ainsi qu’une maquette pédagogique vous guide dans cette période sombre de l’histoire de Rouffignac à l’Espace Mémoire. Ce “musée” raconte en détail ce que les hommes et femmes de ce village du Périgord Noir ont vécu lors de cette année 1944.

Fanlac

Plus connu pour être le village d’origine de Jacquou le Croquant, Fanlac est aussi un haut lieu de la résistance ainsi que le théâtre de l’horreur nazie. Fanlac a hébergé l’Ecole des Cadres de l’Interrégion FTPF (ou appelée “Ecole de la Résistance”). En vous promenant dans le village, vous verrez une stèle toujours fleurie à la mémoire du couple Aubarbier, assassiné par l’armée allemande pour leur dévouement à la résistance.

Fanlac

Le Sablou

Un monument commémoratif retrace l’histoire du camp d’internement du Sablou et ses « Sablousards », ces français jugés indésirables par l’ennemi Allemand. Il se situe entre le village de Fanlac et le Château du Sablou.


La seconde guerre mondiale a frappé durement le département de la Dordogne qui vit la Résistance s’installer très tôt dans les campagnes.

Peu de foyers en France étaient équipés de postes de radio pour entendre l’appel du Général de Gaulle qui exhortait à la Résistance. Pour contrer la propagande allemande, il a fallu mener d’abord une bataille d’opinions et diffuser dès les années 40, tracts et journaux clandestins aux français. Pour galvaniser l’énergie des Périgourdins, des réseaux se sont constitués autour de vieux fusils et d’un poste de radio. Ces gens couraient des risques qu’ils soient totalement engagés ou qu’ils apportent un soutien ponctuel. Des paysans ou des cheminots ont fait office de passeurs aux abords de la ligne de démarcation pour ceux qui devaient quitter la France.

Pour se faire une idée de la vie d’un maquis périgourdin, dans les années 1943-44, il faut suivre « le maquis de Durestal », un chemin de la mémoire qui croise une boucle de randonnée dont le départ se situe à Journiac : «la boucle de Péchorel».

Dans ce maquis, a séjourné (entre autres) André Malraux, pendant deux jours fin mai 1944. Il fut impressionné par le nombre de résistants présents, au point d’évoquer “une sorte de ville dans les bois”. Cabane en feuillard, dortoir, cuisine…et même des tombes creusées pour les traitres fusillés.

L’importance de la Résistance en Périgord reste très présente dans la mémoire de ses habitants.

La Dordogne était aux ¾ en zone libre. Seul l’Ouest du département était occupé par les Allemands. Néanmoins des traces de ce passé sont visibles dans les Périgord Vert, Blanc, Pourpre et Noir.

Au moment du débarquement, les combattants Périgourdins ont ralenti la remontée de la division blindée par 43 actions menées contre le gouvernement de Vichy qui considérait ces résistants comme des terroristes. Dans le secteur de Thiviers, la grève des battages (refus de nourrir l’occupant) et les sabotages visant l’infrastructure ferroviaire et les machines entravaient l’activité de l’occupant. Par peur des représailles, des actions de grande ampleur étaient interdites.

 Pourquoi tant de communes de Dordogne jumelées avec l’Alsace ?

Avant 1939, il y avait très peu de juifs en Périgord mais la politique antisémite de Vichy incita des Alsaciens à se réfugier en Dordogne. Ils furent répartis en 186 communes dont Sarlat, Nontron, Terrasson, Les Eyzies, Bergerac, Ribérac et Thiviers, mais la majeure partie de la communauté juive était à Périgueux. Le passage de la division Brehmer en Dordogne tenta de réprimer la Résistance et terroriser la population tout en recherchant, exécutantr et déportantr des juifs. C’était la « solution finale ». En souvenir, 13 villes et villages de Dordogne, dont Plazac, Le Bugue ou Rouffignac, ont créé un jumelage avec des communes d’Alsace, ce département de l’est de la France. Des familles continuent de tisser des liens génération après génération…

Il fallait “mater le petit maquis”

Des communes subirent des représailles : Mouleydier près de Bergerac fut incendiée par les Allemands en 1944 au terme d’un combat acharné, à Sainte-Marie de Chignac, 25 otages furent exécutés, 40 à Brantôme. À Mussidan, trente-cinq otages furent arrêtés par les Allemands pour faits de résistance. Ils seront déportés vers les camps de travail allemands…  


Traces de la seconde guerre mondiale en Dordogne

Le château du Sablou à Fanlac servi de camp d’internement pour les militants communistes de janvier à décembre 1940. 50 ans après, une stèle à la mémoire de ces internés fut érigée dans le vallon de Fanlac, près du ruisseau, le Thonac. 

Périgueux est peut-être l’une des villes de France où la mémoire de la Seconde Guerre mondiale se fait le plus sentir. L’Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance (Anacr) organise des visites guidées sur l’histoire de la ville à cette époque, appelées « chemins de la Mémoire ».

Le mémorial de la Résistance de Saint-Etienne de Puycorbier dans la forêt de la Double est associé au musée André Voulgre. Ce lieu de mémoire retrace les combats des résistants de la vallée de l’Isle durant la Seconde Guerre mondiale à travers un parcours didactique, des films et une exposition des matériaux laissés par cette période.

De nombreux ouvrages relatent cette période de l’histoire de France qui a impacté le Périgord Noir. À travers les pages du livre La Dordogne dans la seconde guerre mondiale, ce ne sont pas un auteur mais des auteurs historiens qui racontent le quotidien des paysans du pays face à l’armée de Vichy. L’auteur Pierre Louty raconte lui avec détails et précision l’engagement des jeunes notamment dans cette Résistance. 

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